Rute
Dans la communauté d’Anta, dans la région de Cusco, les stérilisations ont été massives. Rute Zuñiga est l’une des victimes.
Enceinte lorsque les premières ambulances passent dans le village en 1996, elle décide d’accoucher chez elle, plutôt qu’au centre de santé. Un mois plus tard, des infirmières viennent les chercher, elle et son bébé, prétextant un contrôle médical. Embarquée de force au centre médical, de nombreuses femmes sont déjà présentes dans l’établissement lorsqu’elle arrive. Prise de panique, elle tente de fuir mais elle se fait rattraper et conduire en salle d’opération. Elle s’y fera ligaturer les trompes, à peine anesthésiée et sans consentement.
Aujourd’hui Présidente de l'Association des Femmes Affectées par les Stérilisations Forcées de Cuzco (AMAEF), elle milite chaque jour pour obtenir justice et réparation. Son état de santé s'étant dégradé depuis l'intervention, elle souffre régulièrement de douleurs au ventre et ne peut plus travailler aux champs comme avant. Après 20 ans de lutte, alors qu'elle voit ses comparses se démotiver ou s'affaiblir face à la maladie, Rute reste déterminée et continue de se faire entendre car « même si une main tombe, l'autre restera le poing levé ! ».